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Flûtes traversières Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Le Bureau   
25-09-2006

La flûte traversière est un instrument à vent de la famille des bois. La flûte traversière partage avec les instruments de la famille des flûtes la méthode de production du son : l'air soufflé est mis en vibration par un biseau disposé à l'embouchure.

une-flute-traversière
une flute traversière

 

Contrairement à la flûte de pan, la flûte traversière ne comprend qu'un seul tuyau. Le terme de traversière est lié à la position de jeu de l'instrument, par opposition à de nombreuses autres flûtes (flûte à bec) : l'instrument joué de manière latérale à l'axe du flûtiste

La famille des flûtes

La flûte traversière est un instrument de tessiture médiante dans d'une famille d'instruments plus large, du plus aigu au plus grave :

  • Le piccolo, en ut (autrefois en ré bémol).

Aussi appelé « petite flûte », il est le plus petit instrument de la famille des flûtes. Il fait presque le tiers de la taille de la grande flûte et n'est constitué que de deux sections : la tête et le corps. Il peut être réalisé en résine, en bois, en argent et très rarement en or. Le piccolo est le plus aigu des instruments de l'orchestre : il sonne une octave supérieure à celle de la grande flûte. Instrument en ut, il garde la même étendue que cette dernière mais en revanche, il ne peut jouer l’ut et l’ut dièse (absence de patte d’ut). Capable de dominer tout un orchestre, sa sonorité perçante, voire stridente a surtout été utilisé par les symphonistes pour éclaircir les tutti d'orchestre. Ainsi, Beethoven l'utilisera notamment dans ses cinquième et sixième symphonies (l'orage dans la pastorale). Mais le piccolo a aussi été employé en solo, d'abord par Vivaldi dans ses concerti, ou, bien plus tard, par Ravel dans son concerto en sol pour piano et orchestre. Cependant, c'est dans la musique contemporaine qu'il est le plus utilisé en solo. Enfin, le piccolo tient une place importante dans les orchestres et petites formations militaires, comme dans les harmonies, où sa virtuosité (roulades) et sa sonorité remplacent un instrument traditionnel de la musique populaire et militaire : le fifre.

  • La flûte traversière, ou grande flûte, en ut.

Elle est constituée de 3 sections : la tête, le corps et le pied. Elle mesure environ 67 centimètres, cela dépend si la flûte comprend ou non une patte de si (pour jouer le si grave). Elle a une étendue d'environ 3 octaves, à partir du do grave (ou du si). Son son peut être diaphane, pénétrant, large, pétillant, piquant, chaud, froid, joyeux ou triste... La flûte est souvent utilisée comme instrument solo dans les orchestres, orchestres à vents ou ensembles de flûtes.

  • La flûte alto, en sol.

Elle ressemble beaucoup à la flûte traversière, mais elle est plus longue et sonne une quarte en dessous.

  • La flûte basse, en ut.

Elle est également similaire à la flûte de concert, mais elle est encore plus longue et son embouchure est donc recourbée, afin que le flûtiste puisse atteindre les clefs. Elle sonne une octave en dessous de la flûte traversière.

  • La flûte octobasse, en ut.

Cette flûte est bien plus grosse que la flûte basse. Elle possède un très long tube recourbé. cette flûte est née en 1986. On en compte une vingtaine en europe.

Fonctionnement

La flûte traversière doit son nom à la façon dont on la tient : sur le côté, horizontalement.

joueuse-de-flute
joueuse de flûte
Les modèles d'études sont généralement en maillechort argenté (alliage de cuivre, de nickel, et de zinc), et comportent trois parties séparables : une tête (sur laquelle il y a l'embouchure dans laquelle on souffle et une vis d'accord à l'intérieur du tuyau), un corps (qui contient des clefs sur lesquelles on appuie avec les doigts pour boucher des trous afin de produire les différentes notes) et un pied ou « patte » qui prolonge le « corps » principal. La patte porte également plusieurs clefs, et peut être en ut, ou en si (une clef supplémentaire). Elle se fait également appeller « patte d’ut » ou « patte de si ».

Plus tard, lorsque les élèves acquièrent un meilleur niveau, il devient nécessaire d'avoir une flûte avec un plus beau son, c'est pourquoi les flûtes traversières professionnelles sont en alliage d'argent, ou d'or. Très exceptionnellement, certaines flûtes sont construites dans d'autres matériaux précieux : platine, cristal...

A l'origine, les flûtes étaient en bois, mais ce procédé fut progressivement abandonné à cause de l'instabilité de ce matériau par rapport aux métaux. Aujourd'hui, la découverte de bois "travaillant" moins et moins sensible aux variations de température et d'humidité permet leur réutilisation, notamment pour le répertoire baroque (sons plus doux, plus ronds qu'avec une flûte en métal).

Les flûtes professionnelles diffèrent également par des détails de construction et de fabrication améliorant les performances de leur mécanisme (réduction des frictions et des jeux, aménagements pour augmenter la rigidité du mécanisme, cheminées soudées, tampons plus fins et plus fermes, ressorts à haute élasticité, etc. Les finitions sont aussi très poussées, réalisées manuellement.

Le tuyau de la flûte traversière est bouché à son extrémité supérieure par du bois ou du liège. L'embouchure comprend une plaque, où se trouve un trou ovale central : cette ouverture latérale pratiquée sur le tuyau sert à produire le son.

L'instrumentiste émet un filet d'air, de forme proportionnée au pincement plus ou moins énergique de ses lèvres, qui peut être dirigé sous des angles d'attaque différents sur l'arête de l'embouchure (biseau de la flûte). Le son produit à ce niveau met en vibration la colonne d'air du tuyau de la flûte. La fréquence de ces vibrations dépend de la longueur acoustique du tuyau. Cette longueur peut être modifiée par la disposition, la taille et la forme des trous, ainsi que par leur ouverture et fermeture.

Ainsi, lorsque l'on bouche ou débouche les différents trous à l'aide des clés, on modifie la longueur de la colonne d'air en vibration, et donc la hauteur de la note émise.

La pression et la rapidité du souffle influent sur la hauteur du son et sur le timbre. C'est sur une utilisation habile de ces données que repose la faculté d'octavier, caractéristique de la flûte dans le groupe des bois.

Historique 

Origine

La flûte traversière serait apparue en Chine, puis en Occident au Moyen Âge (XIIe siècle). Les premières descriptions de l'instrument ne datent cependant que du XVIe siècle, période à laquelle on l'appellait « flûte d'allemand ». Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, Lully introduit la flûte traversière dans l'orchestre d'opéra et à partir du XVIIIe siècle, l'instrument se voit assigner une fonction importante de soliste, en raison de sa sonorité diaphane et de son agilité.

Évolution 

Période primitives 

Moyen Age

L'évolution la plus importante dans l'histoire de la flûte moderne commence au moyen âge et à la Renaissance. La flûte est alors constituée d'une seule section ou de deux pour la flute "basse" en sol.

La Renaissance

Entre le XVIIe siècle et XVIIIe siècle, de plus en plus de clés sont ajoutées, notamment dans le célèbre orchestre de Lully où l'on peut trouver une flûte à une clé, en . Durant cette période, nombre de flûtistes travaillèrent à l'amélioration de la flûte. Les trous étant placés là où ils étaient facilement accessibles par le flûtiste, et non pas là où ils rendaient le son le plus juste, la flûte avait des problèmes de justesse.

Pendant des années, des musiciens ont essayé de remédier à cela, mais les premières transformations majeures apportées à la flûte traversière sont dues à la famille française Hotteterre, durant la première moitié du XVIIIe siècle. Jacques Martin Hotteterre coupe la flûte en 3 morceaux : la tête (avec l'embouchure), le corps (qui comporte la plupart des trous) et la patte (qui conserve quelques trous). (Par la suite la plupart des flûtes du XVIIIème siècle comprendront quatre parties, l ecorps étant divisé en deux.) Sa conception de la flûte, qui ajoute la clef de ré dièse, rend la flûte plus populaire et, dès lors, certains autres instruments suscitent moins d'intérêt, notamment la flûte à bec. Hotteterre donne également à la flûte une perce conique, afin d'améliorer la justesse des octaves. Il écrit en 1707 le premier livre à propos de flûte traversière : Les Principes de la Flûte Traversière.

Ensuite, la flûte gagne peu à peu en populatrité, et des compositeurs écrivent de plus en plus pour elle, notamment Telemann et Bach.

XVIIIe siècle

Au cours du XVIIIème siècle, de nombreuses clés sont ajoutées afin de faciliter les passages rapides dans des tonalités éloignées du Ré majeur, tonalité de base de l'instrument. Quelques années plus tard, un célèbre flûtiste, Quantz, ajoute encore une clef pour le Mibémol sur la patte, en plus du Rédièse. Cette préocuppation très fine de la justesse contredit l'idée répandue selon laquelle les musiciens de l'époque baroque se contentaient d'une justesse aproximative de leurs instruments. Durant les quelques décennies suivantes, d'autres clefs sont ajoutées. À cette période, des compositeurs écrivent pour la flûte, comme François Devienne. Georg Tromlitz introduit à cette époque un excellent système qui notamment par son Do bécarre joué au pouce, préfigure déjà les évolutions majeures dans la facture de la flûte au début du siècle suivant.

XIXème siècle

Au début du XIXe siècle, la flûte possède de 5 (en France) à 8 clés (en Angleterre et en Allemagne). Des systèmes de plus en plus perfectionnés vont pousser à ajouter toujours plus de clés, jusqu'à des extrêmes tels que le panaulon Viennois, qui descendra jusqu'au sol grave.

Enfin, au début des années 1830, un flûtiste virtuose allemand, Theobald Boehm (1794 - 1881) de Munich, arrive sur le devant de la scène, et c'est là que la flûte va connaître sa plus grande révolution technologique.

Il propose un doigtè très diférent et plus rationnel, notamment au niveau des Fa, Fa dièse et Do, ainsi que le Si bémol. Ceci implique un mécanisme bien plus complexe que celui qui l'a précédé. Le premier modèle Boehm de 1832 ne rencontre pas un succès immense, notamment parce que de nombreux musiciens n'apprécient pas sa sonorité, et ne veulent pas s'adapter aux changements de doigtés radicaux qu'elle implique. Il fallut attendre le nouveau sytème 1847 à perce cylindrique, et surtout l'adoption du système Boehm par le conservatoire de Paris dans les années 1860 pour que la flûte Boehm remplace rapidement les flûtes à système simple dans la plupart des orchestres professionnels du monde.

Il est à noter que les flûtes à système simple ont été utilisées dans des fanfares et des orchestres amateurs jusque dans les années 1930.

De plus, cette période a vu apparaître le premier romantisme, et les romantiques, avec leurs thèmes favoris de l'amour et de la mort, ont adoré la flûte de Boehm. Ils l'ont beaucoup utilisée, et la flûte romantique a maintenant un énorme répertoire.

Les compositeurs ont fait de la flûte l'instrument de l'expressivité et de la virtuosité. Certaines pièces de cette période sont réllement des chefs-d'œuvres !

Citations

 

« La flûte est par excellence l'Instrument de la Musique, cela parce qu'animée par le souffle, émanation profonde de l'homme, la flûte charge ses sons de ce qui est en nous d'à la fois viscéral et cosmique. »
André Jolivet

 

 

« La flûte, pour moi, c'est un cri, un gémissement aussi, très humain et direct. C'est une voix humaine. »
Yoshihisa Taïra

 

 

« Plus faux qu'une flûte, deux flûtes ! »
Concertos pour flûte de Mozart)

 

Berlioz et la flûte traversière

 
Hector Berlioz lui-même ne semblait pas tenir la flûte en haute estime ; s'il la juge « indispensable à l'orchestration », il dit dans son Traité d'instrumentation qu'elle est « d'une agilité excessive ». Plus loin, il précise même : « Il semble donc que la flûte soit un instrument à peu près dépourvu d’expression, qu’on est libre d’introduire partout et dans tout, à cause de sa facilité à exécuter les groupes de notes rapides, et à soutenir les sons élevés utiles à l’orchestre pour le complément des harmonies aiguës. »

Mais il nuance lui-même son propos, quelques lignes plus loin :

« En général cela est vrai ; pourtant en l’étudiant bien, on reconnaît en elle une expression qui lui est propre, et une aptitude à rendre certains sentiments qu’aucun autre instrument ne pourrait lui disputer. S’il s’agit par exemple, de donner à un chant triste un accent désolé, mais humble et résigné en même temps, les sons faibles du médium de la flûte, dans les tons d’ut mineur et de ré mineur surtout, produiront certainement la nuance nécessaire. Un seul maître me parait avoir su tirer grand parti de ce pâle coloris : c’est Gluck. En écoutant l’air pantomime en ré mineur qu’il a placé dans la scène des Champs-Elysées d’Orphée, on voit tout de suite qu’une flûte devait seule en faire entendre le chant. Un hautbois eut été trop enfantin et sa voix n’eut pas semblé assez pure ; une clarinette eut mieux convenu sans doute, mais certains sons eussent été trop forts, et aucune des notes les plus douces n’eut pu se réduire à la sonorité faible, effacée, voilée du fa naturel du médium, et du premier si bémol au dessus des lignes, qui donnent tant de tristesse à la flûte dans ce ton de ré mineur où ils se présentent fréquemment. Enfin, ni le violon, ni l’alto, ni le violoncelle, traités en solo ou en masse, ne convenaient à l’expression de ce gémissement mille fois sublime d’une ombre souffrante et désespérée ; il fallait précisément l’instrument choisi par l’auteur. Et la mélodie de Gluck est conçue de telle sorte que la flûte se prête à tous les mouvements inquiets de cette douleur éternelle, encore empreinte de l’accent des passions de la terrestre vie. C’est d’abord une voix à peine perceptible qui semble craindre d’être entendue ; puis elle gémit doucement, s’élève à l’accent du reproche, à celui de la douleur profonde, au cri d’un cœur déchiré d’incurables blessures, et retombe peu à peu à la plainte, au gémissement, au murmure chagrin d’une âme résignée… Quel poète ! » 

« Les sons graves de la flûte sont peu ou mal employés par la plupart des compositeurs ; Weber, dans une foule de passages du Freischütz, et, avant lui, Gluck, dans la marche religieuse d’Alceste, ont pourtant montré tout ce qu’on peut en attendre pour les harmonies empreintes de gravité et de rêverie. Ces notes basses, je l’ai déjà dit, se mêlent fort bien aux sons graves des cors anglais et des clarinettes ; elles donnent la nuance adoucie d’une couleur sombre. » 

« En général, les maîtres modernes écrivent les flûtes trop constamment dans le haut ; ils semblent toujours craindre qu’elles ne se distinguent pas assez au dessus de la masse de l’orchestre. Il en résulte qu’elles prédominent, au lieu de se fondre dans l’ensemble, et que l’instrumentation devient perçante et dure plutôt que sonore et harmonieuse. » 

La flûte joue un rôle essentiel dans l'orchestre de Berlioz, mais les solos de flûte de quelque étendue sont assez peu fréquents chez lui : Berlioz préfère d'habitude confier la mélodie à deux ou à plusieurs instruments à vent (voyez cependant Harold en Italie, 3e mouvement, mesures 167-90). Le trio pour deux flûtes et harpe de L'Enfance du Christ est bien entendu un cas spécial.

Enfin, on peut dire que si la flûte est le plus ancien instrument du monde, c'est aussi celui qui a été le plus successivement adoré et détesté : on a souvent cru qu'elle avait des pouvoirs magiques, et elles ont été souvent utilisées dans les cérémonies religieuses et les rites cultuels. Mais en même temps, elles étaient aussi utilisées pour le divertissement ! La flûte a connu, durant son histoire, une succession de périodes de succès et de méfiance, jusqu'au XIXe siècle où elle a été « réhabilitée » dans l'esprit des musiciens et du public.

extrait de l'encyclopédie wikipedia

Dernière mise à jour : ( 02-04-2007 )
 
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