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Clarinette Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Le Bureau   
27-09-2006

La clarinette est la forme moderne d'un instrument de musique à anche simple. La clarinette en Si♭ (bémol) en est le modèle le plus commun. Elle vient d'un instrument ancien appelé chalumeau.

La clarinette est à perce cylindrique, ce qui la distingue du hautbois et du saxophone, tous deux à perce conique et lui confère une aptitude au quintoiement (la symétrie du corps interdisant l'apparition d'harmoniques de rang pair). Son timbre chaud dans le registre grave, peut s'avérer extrèment brillant voire agressif dans l'aigu.

De tous les instruments à vent, elle est celui qui possède la plus grande étendue (ou tessiture) avec 3 octaves plus une sixte mineure soit 45 notes en tout. Elle se décline en une famille d'instruments presque tous transpositeurs, depuis la clarinette basse, jusqu'à la clarinette sopranino, couvrant ainsi toute l'étendue d'un orchestre symphonique. De tous les instruments sauf les percussions, la clarinette est celui qui possède la plus grande famille.

Évolution de la clarinette

Du chalumeau à la clarinette

clarinette-dans-l'encyclopédie-de-diderot
extrait de l'encyclopédie de Diderot
Le chalumeau européen du Moyen Âge fut sans doute l'ancêtre le plus direct de la clarinette. Aujourd'hui encore, le registre grave de la clarinette est appelé registre du chalumeau.

C'est à Johann Christoph Denner (1655-1707) que l'on doit l'invention de la clarinette lorsqu'en 1690, il ajouta au chalumeau français, le pavillon et deux clefs d'importance majeure.

L'ajout de la « clé de 12e» [1] permit de tirer partie de l'aptitude de l'instrument au quintoiement, que les musiciens les plus doués pouvaient provoquer par une modification d'embouchure. Le registre atteint est alors celui dit du clairon et sa sonorité se rapproche de la clarine[2] qui donna son nom à la clarinette.

À cette époque, l'instrument était manipulé via huit trous bouchés par les doigts. Le passage au registre supérieur ne se faisait qu'avec un défaut de 2 notes sur la gamme : le La et le Si étaient absents de la gamme. La deuxième clef, celle « du La », étend vers le haut le registre du chalumeau.

Le Si est obtenu par quintoiement d'une note plus grave (le Mi) grâce au pavillon prolongeant la clarinette. La gamme (diatonique) est alors complète et le changement de registre se passe sans discontinuité.

Dans l'état, l'instrument ne disposant pas d'une gamme chromatique complète, il restait prisonnier de quelques tonalités particulières. Pour y remédier, les musiciens disposaient de différents modèles de clarinettes, réalisés chacun dans pour une tonalité spécifique.

La clarinette moderne

clarinette-moderne
clarinette moderne
Heinrich Bärmann (1784-1847) proposa le retournement du bec, positionnant ainsi l'anche sur la lèvre inférieure du musicien. Ceci adoucit et garantit la sonorité. Iwan (ou Ywan) Muller[3] y apporta en 1812 treize clés supplémentaires offrant enfin la gamme chromatique complète. Ces nouveautés permirent d'abandonner peu à peu la collection d'instruments dédiés aux tonalités distinctes dont disposaient les musiciens pour interpréter les différentes pièces.

La clarinette fut amenée à son degré de perfectionnement actuel par le facteur d'instruments français Louis Auguste Buffet en collaboration avec le clarinettiste Hyacinthe Klosé[4]. Tous deux adoptèrent le principe des anneaux mobiles que l'Allemand Theobald Boehm avait imaginé pour la flûte : le système Boehm. Aujourd'hui, le système Boehm est utilisé par les clarinettistes du monde entier, aux exceptions des Allemands et des Autrichiens, qui se servent pour la plupart du système concurrent : le système Oehler.

Une clarinette utilisant le système Boehm, peut disposer jusqu'à 22 éléments utilement mobiles, auxquels il faut rajouter les paliers, les axes, les vis et les ressorts. L'ensemble dépasse la centaine de pièces mécaniques, et participe à la manipulation de 17 tampons obturant autant d'orifices innaccessibles avec les doigts.

Le nombre de clefs annoncé par les facteurs correspond au nombre de points de commande intentionnelles (les anneaux n'en font donc pas partie puisqu'il sont actionnés en même temps qu'un trou est bouché). La clarinette Boehm comporte donc 17 clefs, parfois 18 avec la clef de rappel de Mi♭ main gauche. Il existe deux variantes du système Oehler comportant respectivement 19 et 27 clefs.

La famille des clarinettes modernes

De nombreux modèles de clarinettes modernes existent. La taille est le principal élément différentiel. Si l'étendue de la tessiture est à peu près constante, les registres de jeu sont différents.

Aujourd'hui, les clarinettes suivantes sont utilisées, depuis la plus aiguë jusqu'à la plus grave :

nom de la clarinette Tonalité commentaire Tessiture
La petite clarinette sopranino en La♭ presque plus fabriquée, sinon pour l'exécution des bandas (musique militaire italienne), et aujourd'hui pour la musique contemporaine, car sa sonorité criarde intéresse les compositeurs.
La petite clarinette en Mi♭ son timbre est très caractéristique, un peu criard. Encore très utilisée aujourd'hui en harmonie, sa tonalité étant très "compatible" avec la plupart des autres instruments (Si♭principalement)
La petite clarinette en (fabriquée presque uniquement pour l'exécution des concertos de Molter pour clarinette en ), en grande désuétude car son répertoire est très limité; généralement, les musiciens préfèrent transposer les passages de clarinette en pour les jouer à la petite clarinette en Mi♭;
La clarinette soprano en Ut (Do) en désuétude car son timbre est un peu vulgaire et sa justesse perfectible), utilisée comme instrument d'étude pour les jeunes enfants en raison de sa petite taille ;
La clarinette en Si♭ la clarinette la plus usitée : utilisée dans tous les styles de musique, elle allie brillance et éloquence. C'est avec celle-ci que l'on débute;
La clarinette soprano en La au son un peu plus rond, encore très jouée aujourd'hui, son timbre est très approprié à la musique de chambre ;
La clarinette de basset en La (clarinette en La avec une extension au Do, fabriquée uniquement pour l'exécution du concerto pour clarinette de Mozart dans sa version originale), en grande désuétude aujourd'hui, elle est très rare ;
La clarinette turque en Sol jouée pour les musiques turques et grecques principalement ;
Le cor de basset en Fa (pour lequel a été écrit à l'origine le concerto pour clarinette et orchestre de XVIIIe siècle ;
La clarinette alto en Mi♭ très appréciée en musique de chambre ;
La clarinette basse en Si ♭ très utilisée en contemporain et dans le jazz ;
La clarinette contralto en Mi♭ utilisée en ensemble de clarinettes et de plus en plus en orchestre ;
La clarinette contrebasse en Si♭ utilisée presque uniquement en ensemble de clarinettes ;

Un prototype de clarinette octocontrebasse a été fabriqué par Léon Leblanc. Cet instrument était plus grave d'une octave par rapport à la clarinette contrebasse. Elle sonnait comme un jeu d'orgue de 32 pieds. Le projet, très ambitieux de par la taille de l'instrument, a été abandonné.

 Anatomie de la clarinette

Clarinettes droites 

La clarinette en Si♭ (mais aussi celles en La, en Ut, en et Mi♭) se présente sous la forme d'un long tuyau droit. La clarinette est généralement réalisée en bois noble tel que l'ébène ou le palissandre (au moins pour le corps). Certains modèles, dits d'études, sont parfois moulés en plastique. Dans les années 1930 le jazz a utilisé des modèles en métal[5].

Aujourd'hui, des clarinettes en matériau composite ont fait leur apparition. Ces clarinettes allient les avantages du bois et ceux du plastique, sans leurs inconvénients. Ainsi ces clarinettes conservent la sonorité du bois, gagnent en légèreté, et sont moins onéreuses du fait de la disponibilité des matières premières et des coûts de production du plastique.

Les clés sont en maillechort (alliage à base de nickel) nickelé, parfois argenté, ou plus rarement doré.

Pour des raisons pratiques de fabrication et de transport, la clarinette se compose de 6 éléments principaux (de haut en bas) :

clarinette-démontée
une clarinette démontée

  1. le bec et sa ligature,
  2. l'anche fixée sur la partie inférieure du bec,
  3. le barillet,
  4. le corps du haut (pour la main gauche),
  5. le corps du bas (pour la main droite)
  6. le pavillon.

Les deux parties du corps d'une clarinette (en bois ou en plastique) sont frappées d'un numéro de série, sorte d'immatriculation de l'instrument. Lors de l'achat d'un instrument d'occasion, il convient de vérifier que les deux éléments portent bien le même numéro. Le barillet et le pavillon n'étant pas taillés dans la même pièce de bois, et parfois même réalisés dans un autre matériau, ne sont généralement pas marqués.

Le bec

Le bec (ou embouchure) est l'élément par lequel l'instrumentiste insuffle l'air. Autrefois taillé dans le bois ou dans l'ivoire, il est aujourd'hui principalement moulé en ébonite noire ou blanche, en plastique voire en verre (alors appelé « bec cristal »).

Les becs en ébonite sont les plus fréquemment utilisés et offrent une large gamme de sonorité. Les becs en verre ont une sonorité plus nette; ils sont plus rares et sont généralement réservés à la musique classique. Moins chers, les becs en plastique ont également une moindre qualité sonore; ils sont généralement réservés aux instruments d'étude.

L'ouverture (hauteur de flèche de l'anche) et la longueur de la table (longueur libre en flexion de l'anche) sont les principaux paramètres géométriques distinctifs des becs. Un bec ouvert offre plus de puissance mais peut dégrader la qualité du son.

Le choix d'un bec est aussi important que celui de l'instrument. Il influe grandement sur le confort du musicien. Si les conseils de clarinettistes professionnels peuvent aider au choix d'un bec, seuls des essais personnels permettent un choix définitif.

L'anche

L'anche est la partie vibratoire de l'instrument. Elle est faite en roseau de canne et est placée sur le bec au moyen d'une ligature en métal, en cuir ou en plastique. Les modèles allemands utilisent une cordelette comme ligature. Lorsque la clarinette est montée, l'anche se trouve sous le bec, contre la lèvre inférieure du musicien.

Les anches sont vendues taillées selon un classement de dureté (fonction de l'épaisseur de l'anche). De nombreux musiciens professionnels taillent ou retaillent eux-mêmes leurs anches. La dureté de l'anche et la géométrie du bec sont liées.

Le barillet 

Le barillet, situé après le bec, est une bague dont le rôle principal est l'accord de l'instrument. La plupart des clarinettistes se munissent de plusieurs barillets de longueur différente afin de pouvoir en changer selon les conditions de jeu[6] et du diapason retenu par l'orchestre. La longueur de cette pièce et son écartement par rapport au corps de la clarinette influe sur la longueur totale de l'instrument et donc sur l'accord.

Les corps de la main droite et de la main gauche peuvent également être écartés l'un de l'autre, allongeant la taille de l'instrument. Cependant les écarts relatifs des orifices de chacun de ces corps sont calculés pour être fixe. La clarinette est très sensible à toute modification des ces longueurs. Il faut éviter d'utiliser ce moyen pour l'accord. Les professionnels réussissent à compenser la justesse simplement en modifiant leur technique d'embouchure et le support aérodynamique. Dans les cas extrêmes, le recours a des barillets de tailles différentes devient inévitable.

Les corps de la main gauche et de la main droite 

Les deux corps situés entre le barillet et le pavillon de l'instrument portent les trous, les anneaux et les clés. Les doigts de l'instrumentiste bouchent les différents trous en fonction de la note jouée. Lorsqu'un trou est hors de portée des doigts (car situé en haut, en bas et sur les côtés de l'instrument), l'instrumentiste utilise les clés prévues à cet effet.

Certaines clarinettes (en , en Mi♭, mais souvent aussi les clarinettes en métal) ont un corps en une seule partie.

Le pavillon

En prolongeant le chalumeau, le pavillon permet l'émission d'une note plus grave (le Mi) qui par quintoiement, donne le Si (dit bouché). Ainsi la gamme de la clarinette ne comporte plus de trou.

Enfin, cette pièce de forme évasée favorise une bonne diffusion du son des notes bouchées : Mi, Fa, Sol, La pour le grave. Elle résoud le problème de la justesse relative des notes les plus graves des registres grave et clairon.

Clarinettes à bocal.

Les modèles de clarinettes graves présentent quelques différences structurelles par rapport aux clarinettes droites. Il s'agit des clarinettes alto, cor de basset, basse, contralto et contrebasse. Hormis les proportions plus grandes rendant leur tessiture plus basse, l'allongement global du tuyau est obtenu en partie, par l'ajout de pièces cintrées réduisant ainsi son encombrement : le bocal et le pavillon, sont réalisés en métal (mêmes alliages que pour les saxophones ou les cuivres.). Pour les plus grosses clarinettes, le corps lui-même peut être métallique.

Du fait du poids élevé de l'instrument, une béquille fixée sous le bocal, le maintient à hauteur. Les clarinettes graves se jouent principalement en position assise.

Enfin, les modèles graves disposent de notes supplémentaires dans le grave, le Mi♭ essentiellement, voire jusqu'au Do pour le cor de basset et certaines clarinettes basses.

Notes

  1. La « clé de 12e » est souvent appelée à tort « clé d'octave » par analogie avec celle du hautbois, de la flûte et du saxophone
  2. petite trompette du XVIIIe siècle
  3. Iwan Muller (Ywan Muller dans certaines sources) : (1786-1854), clarinettiste soliste du Théâtre italien de Paris.
  4. Hyacinthe Klosé : (1808-1880), professeur au conservatoire de Paris et auteur d'une méthode de même nom
  5. Ces clarinettes en métal sont conçues sur la base de la clarinette moderne. D'autres modèles de clarinettes en métal existent, telle la clarinette turque.
  6. Ici les conditions de jeu sont essentiellement les conditions de chaleur et d'humidité

 

Dernière mise à jour : ( 02-04-2007 )
 
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